Quelle juste place du numérique dans nos sociétés actuelles et à venir, sous l'angle de l'éthique de l'environnement ?
Abstract
Ce dossier de la revue Interfaces numériques interroge la juste place du numérique dans nos sociétés actuelles et à venir, sous l’angle de l’éthique de l’environnement. Il part d’un paradoxe fondamental : le numérique est omniprésent et pénètre tous les aspects de la vie humaine, tout en étant synonyme de « désastre écologique » par son importante empreinte énergétique et matérielle.
Les auteurs identifient deux postures face à ce paradoxe : la sobriété numérique comme changement de modes de vie, et une « politique de renoncement » ou « écologie du démantèlement » de certains imaginaires et infrastructures. Ils avancent l’hypothèse d’une mise en tension heuristique entre deux concepts quasi paradigmatiques : l’« hyperbien écologique » et l’« hypersystème techno-numérique ».
Le dossier est organisé autour de deux axes majeurs :
Axe 1 — Récits et imaginaires : analyse des plateformes numériques dans la production de récits écologiques (Netflix, applications d’identification de la nature), et des représentations visuelles médiatisées des récits « éco-numériques ».
Axe 2 — Engagements individuels et collectifs : étude des pratiques dans le secteur des organisations (métiers RSE, entrepreneurs à impact, « perma-entreprise ») et dans le secteur éducatif (écologie ordinaire chez les étudiants, sobriété numérique chez les enseignants, éthique Ubuntu et éducation à la sobriété numérique).
Le dossier inclut notamment un entretien avec Thomas Breuzard (Norsys) sur la « perma-entreprise » et un entretien avec Étienne Mineur (Arts décoratifs de Paris) sur les intelligences artificielles génératives. Il plaide pour une approche de « composition » inspirée de Bruno Latour afin d’inventer un numérique juste, à travers des arrangements, négociations et modus vivendi collectifs.
Sources
Suggest changes on GitHub