Étude sur le modèle économique de l'information en France

L’Arcom et la direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC) du ministère de la Culture publient une étude sur le coût de production de l’information en France et la soutenabilité des modèles économiques des acteurs concourant à son financement. L’étude a été réalisée par le cabinet de conseil en stratégie PMP Strategy. L’information des citoyens est essentielle à l’effectivité des mécanismes démocratiques. Or, produire une information honnête, indépendante et pluraliste est une activité coûteuse. Dans un contexte marqué par l’érosion des revenus publicitaires des médias producteurs d’information, l’étude interroge la soutenabilité de leur modèle économique. Principaux enseignements : Volume d’information : 40 000 numéros parus en 2024 pour les titres IPG (toutes catégories confondues) ; 180 000 heures d’information diffusées sur l’audiovisuel (radio et télévision) en France ; 34 000 ETP contribuant à la production d’information, dont les trois quarts sont des journalistes. Plus de 70 % des coûts sont liés à la masse salariale des médias. Coût de production : le coût de la production d’information politique et générale est estimé à 2,9 milliards d’euros en France en 2024, dont près d’un tiers est porté par l’audiovisuel public et près d’un quart par 9 groupes diversifiés hors média. Modèle économique des médias : 62 % des recettes publicitaires en France en 2024 sont captées sur des canaux numériques, dont les trois quarts par les grandes plateformes (Alphabet, Meta, Amazon, TikTok, LinkedIn, Snap, X, Pinterest). 56 % des médias interrogés sont déficitaires, et plus de 80 % ont une marge faible ou négative (< 6 %). Les trois principales sources de revenus — publicité, abonnements et dotations publiques — sont en baisse ou menacées. Impact de l’IA : l’IA redéfinit l’accès à l’information et intensifie la pression sur les médias. Google AI Overview a entraîné une baisse moyenne de 10 % du trafic pour les éditeurs de presse (jusqu’à 25 %). 15 % des jeunes de moins de 25 ans utilisent l’IA générative pour s’informer. Les médias anticipent une augmentation des coûts liés à l’intégration de l’IA, mais aussi des gains de productivité allant jusqu’à 10 % dans les années à venir.

Prospective d'évolution des consommations des data centers à court, moyen et long terme de 2024 à 2060

Cette étude de l’ADEME, réalisée par le groupement CLIK et Hubblo, répond à trois objectifs : État des lieux : dresser l’état des lieux de la consommation électrique actuelle des centres de données en France. Modèle prospectif : proposer un modèle prospectif détaillé permettant de modéliser des scénarios d’évolution des consommations des centres de données dans le temps. 5 scénarios jusqu’en 2060 : un scénario tendanciel et 4 scénarios envisageant les chemins possibles de transition écologique. L’étude prend en compte les émissions de gaz à effet de serre, la pression sur les ressources en eau, l’artificialisation des sols, la concurrence avec d’autres usages de l’électricité, ainsi que les enjeux de souveraineté numérique. Elle distingue également les consommations en France des consommations à l’étranger pour un usage français.

Quelle juste place du numérique dans nos sociétés actuelles et à venir, sous l'angle de l'éthique de l'environnement ?

Ce dossier de la revue Interfaces numériques interroge la juste place du numérique dans nos sociétés actuelles et à venir, sous l’angle de l’éthique de l’environnement. Il part d’un paradoxe fondamental : le numérique est omniprésent et pénètre tous les aspects de la vie humaine, tout en étant synonyme de « désastre écologique » par son importante empreinte énergétique et matérielle. Les auteurs identifient deux postures face à ce paradoxe : la sobriété numérique comme changement de modes de vie, et une « politique de renoncement » ou « écologie du démantèlement » de certains imaginaires et infrastructures. Ils avancent l’hypothèse d’une mise en tension heuristique entre deux concepts quasi paradigmatiques : l’« hyperbien écologique » et l’« hypersystème techno-numérique ». Le dossier est organisé autour de deux axes majeurs : Axe 1 — Récits et imaginaires : analyse des plateformes numériques dans la production de récits écologiques (Netflix, applications d’identification de la nature), et des représentations visuelles médiatisées des récits « éco-numériques ». Axe 2 — Engagements individuels et collectifs : étude des pratiques dans le secteur des organisations (métiers RSE, entrepreneurs à impact, « perma-entreprise ») et dans le secteur éducatif (écologie ordinaire chez les étudiants, sobriété numérique chez les enseignants, éthique Ubuntu et éducation à la sobriété numérique). Le dossier inclut notamment un entretien avec Thomas Breuzard (Norsys) sur la « perma-entreprise » et un entretien avec Étienne Mineur (Arts décoratifs de Paris) sur les intelligences artificielles génératives. Il plaide pour une approche de « composition » inspirée de Bruno Latour afin d’inventer un numérique juste, à travers des arrangements, négociations et modus vivendi collectifs.

RESIL IT : Mon entreprise résiliente - Guide par et pour les TPE et PME

Face aux polycrises environnementales, géopolitiques et sociales, Digital League a réuni un écosystème d’experts numériques engagés pour co-concevoir un guide d’adaptation à destination des TPE et PME. Ce guide, intitulé « RESIL IT : Mon entreprise résiliente », a été co-construit lors d’une journée de sprint d’idéation le 10 octobre 2024 à la Métropole de Lyon, avec plus de 40 contributeurs issus d’associations, clusters, entreprises technologiques, collectivités, écoles, reconditionneurs et experts. Le guide est organisé autour de 5 grands axes : Souveraineté & Responsabilité : identifier ses dépendances critiques, anticiper les risques, renforcer son autonomie stratégique. La juste place de l’IA : évaluer l’adéquation entre ses valeurs et les usages d’IA, anticiper les impacts organisationnels. Green IT vs IT for Green : distinguer les impacts environnementaux du numérique et son potentiel d’action au service de la transition. Reconditionnement : allonger la durée de vie de son parc IT, intégrer des pratiques circulaires à sa stratégie. Compétences en numérique responsable : faire monter ses équipes en maturité, diagnostiquer ses besoins, s’auto-positionner. Ce guide s’adresse aux TPE, PME et ETI du numérique, mais aussi à toutes les structures souhaitant accompagner leur transition vers un numérique plus durable et stratégique. Il est le fruit de plus de 700 participants impliqués depuis 2020 dans des ateliers, conférences et formations autour du numérique responsable au sein de l’écosystème Digital League.